Sporting club de Toulon
 
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 «Gu» Mouraille

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Selmac

Selmac

Nombre de messages : 5207
Date d'inscription : 24/08/2005

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12092013
Message«Gu» Mouraille

«Gu» Mouraille: De l’homme de l’ombre au président d’honneur
 
«Gu» Mouraille Cache_11
Auguste Mouraille (à gauche) et Francis Bazardi (à droite) encadrent une équipe de jeunes du SCT
 
Dans des temps que l’on pourrait considérer aujourd’hui comme héroïques, tant par les évènements agités de l’actualité de l’époque, que par les difficultés de la vie quotidienne au sortir d’une terrible guerre, naquit le Sporting Club de Toulon.
 
Ce club, notre club, issu de la fusion entre la Jeunesse Sportive Toulonnaise et le Sporting Club du Temple a vu le jour grâce à la passion et l’opiniâtreté hors norme d’un petit groupe d’hommes qui ont su avec peu de moyens, à la fois poser les jalons d’une structure solide appelée à gravir tous les échelons vers l’élite, mais aussi cultiver des valeurs simples et laborieuses, faisant du Sporting le club phare de la ville et des Toulonnais.
 
Auguste Mouraille
 
Parmi tous ces hommes remarquables il en est un qui a incarné cette époque des pionniers, Auguste Mouraille.
 
Ouvrier à l’arsenal, Auguste Mouraille («Gu» pour les intimes) a durant plus de trente ans consacré sa vie à la formation, voire même à l’éducation des jeunes footballeurs Toulonnais. Issu du Sporting du Temple, il devint rapidement un des premiers dirigeants du SCT lors de la saison 46/47.
 
Bénévole et passionné, il organisait et dirigeait les équipes, entrainait et formait des jeunes joueurs qui plus tard atteindront les ½ finales de la coupe Gambardella et permettront au Sporting en 1959 d’accéder à la Division Nationale, équivalent à la L1 d’aujourd’hui.
 
Figure Toulonnaise bien connue et estimée, le dimanche il arpentait inlassablement les terrains où les jeunes noirs et or (couleurs historiques du SCT) disputaient des rencontres animées comme lors des derby face à l’étoile de Montéty, sur des terrains de fortune à la Marquisanne, à Jauréguiberry ou encore Bon Rencontre.

«Gu» Mouraille Cache_12
Auguste Mouraille
 
Habillé d’un traditionnel bleu de travail, qu’il mettait propre les jours de matchs, il ne quittait jamais sa traditionnelle casquette. A peine lui faisait-il faire un quart de tour sur son crane pour saluer en bon ouvrier qu’il était, l’abbé Sassia, dirigeant de l’étoile de Montéty, club de patronage et grand adversaire sur le terrain du Sporting Club de Toulon…
 

 
Avec son compagnon de toujours, Francis Bazardi, «Gu» Mouraille fut l’un des artisans responsables de l’adhésion du Sporting au professionnalisme alors même que le club était en devenir dans sa structure associative, sans un organigramme très élaboré mais avec une inébranlable bonne volonté.
 
En mai 1957 peu après le décès de ce pionnier, lors d’une assemblée générale du SCT, le président Arthur Depallens demanda et obtint de la part de tous les membres qu’Auguste Mouraille soit nommé Président d’Honneur du SC Toulon.
 
En 1961, son nom a été associé à une des tribunes de Bon Rencontre: La tribune Mouraille qui aujourd’hui encore fait battre le cœur populaire du club à la Rascasse.
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«Gu» Mouraille :: Commentaires

Selmac
Re: «Gu» Mouraille
Message le Jeu 12 Sep - 11:28 par Selmac
Les pionniers à l’origine du club de la rascasse !
 
Joachim Devittori, aujourd’hui âgé de 86 ans nous livre un témoignage unique, sur une époque troublée qui a vu naitre le club Toulonnais. Il nous remémore les noms de ceux qui ont contribué à faire naitre l’aventure azur et or, qui continue près de 70 ans plus tard à faire battre le cœur des passionnés du ballon rond dans la cité du port du Levant…
 
Un grand merci à lui pour ce témoignage poignant !
 
«Gu» Mouraille Cache_13
 
"Le livre consacré au S.C.T. débute à partir de 1945, date à laquelle le club accède aux statuts professionnels. Il n’est fait aucune mention de l’équipe qui a permis cette accession. Pourtant c’est une aventure peu commune, voire insolite qui a marqué la saison 43-44. J’étais alors capitaine de l’équipe junior qui au stade Amiral Jauréguiberry devait jouer en ouverture du grand match contre Hyères dont l’équipe était composée de noms prestigieux tels que Gueirard, Gaby Robert, Forté, De Maria, Lallemment, Neubert… Cette formation était considérée comme la plus performante de notre groupe.
 
Carle Roviglione, joueur et entraîneur de l’équipe fanion, est venu dans les vestiaires des jeunes pour me dire qu’en raison de l’indisponibilité d’un joueur, Carbonne, je serais peut-être incorporé à l’équipe première. Ce qui fut le cas. Le système de jeu à cette époque était le W.M. Les arrières, le demi-centre marquaient les ailiers et l’avant-centre, les demi-ailes marquaient les inters. Pour mon premier match, je devais marquer Gaby Robert qui était de loin le meilleur des joueurs adverses. J’avais seize ans et demi et j’étais complètement paniqué. Le stade était particulièrement garni pour assister à ce « derby ». Néanmoins le test fut concluant, à tel point que le Sporting a battu Hyères sur le score de deux buts à un et que j’ai conservé mon poste jusqu’à la fin de la saison.

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Mais cette saison a été particulièrement difficile. En effet l’armée allemande occupait la France et les trains de l’armée étaient prioritaires. Les horaires des autres trains étaient chamboulés. Les parcours étaient très souvent arrêtés pour laisser la voie aux trains de munitions. Pour rejoindre Avignon, nous avons dû partir à neuf heures du matin pour arriver à seize heures. Sept heures dans des wagons aux banquettes en bois. A ce moment-là, c’était encore la « troisième » classe qui nous était réservée.
Le lendemain, à quinze heures, nous nous sommes présentés au stade. Les Allemands jouaient et il a fallu attendre qu’ils finissent. Le terrain était enneigé, le mistral soufflait très fort et nous avons fini à la nuit. A cette époque les terrains n’étaient pas éclairés, les vestiaires n’avaient pas d’eau chaude. Nous avons enfilé nos vêtements par-dessus nos équipements et nous avons regagné l’hôtel chaussés de souliers à crampons. Inutile de préciser que les chambres n’étaient pas chauffées. Et c’est le lundi à huit heures que nous avons pu prendre un train qui nous a ramenés à Toulon à quatorze heures. J’ai dû produire un mot d’excuses au surveillant général pour avoir séché les cours.
Les avions de la Royal Air Force étaient spécialisés pour les attaques en piqué. C’est ainsi qu’ils ont bombardé à plusieurs reprises le pont d’Anthéor. Ils n’ont pas réussi à détruire la voie, mais ont déstabilisé les arches du pont qui est devenu inutilisable. De la sorte que pour tous les matchs qui se disputaient à Nice, Monaco, Antibes ou Menton, le train nous arrêtait à l’entrée du pont. Nous marchions jusqu’au bout du pont et là, un autre train nous attendait pour poursuivre notre trajet. Il arrivait souvent, compte tenu des chamboulements d’horaires, de traverser de nuit sans lumière dans les pierres de ballast. On se donnait la main pour ne pas culbuter.
 
 
L’équipe était composée des joueurs suivants : PETTANARO, TORTORELLO Emile, ZININO, MARCAILLOU, GUARNIERI, DE VITTORI, GOURDON, ROVIGLIONE, TORTORELLO Gaby, GARIN, CLINCHARD. J’en suis le seul survivant.
 
J’avais donné mon accord à la demande de Carle pour continuer l’aventure la saison suivante, mais la libération de Toulon est intervenue et je me suis engagé dans l’armée de Delattre de Tassigny. Ce fut une autre épopée jusqu’à l’armistice. Voilà, il m’a paru intéressant que les supporters connaissent les difficultueuses péripéties de l’équipe qui a permis au SCT de jouer chez les pros."
 
Jo Devittori.
 

«Gu» Mouraille

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